25 janvier 2011

Vous écrivez? Venez"réécrire" avec PrOse Ecriture!

*******
PrOse Ecriture prépare pour le printemps un atelier sur le thème « Réécrire vos textes ».
Celui-ci permettra d’échanger et de « travailler » autour de textes déjà écrits, que ce soit dans le cadre des ateliers ou en dehors, dans le cadre d'une écriture personnelle.
La date et le lieu ne sont pas encore fixés mais vous pouvez nous envoyer un mail afin de préciser si vous êtes intéressés et les thèmes que vous aimeriez aborder.

A bientôt!
*******


1 commentaire:

dusportmaispasque a dit…

Si quelqu'un est tenté par: "La tentation.
Certaines se débattent, d'autres se blottissent:
Cette nuit malgré la porte bien fermée un fantôme est entré.
Sa longue silhouette nonchalante et solitaire marchait sur le sable d'une plage "se promenant en moi comme dans son appartement"(merci Baudelaire)sans laisser la trace de son pas. M'apparut une femme sans bagage et sans visage à qui la mer servait de fond de teint avec en guise de bijou pectoral une montre molle en pendentif sur son buste qui n’aimait pas la pesanteur. La couleur me faisait penser à la méditerranée plutôt qu'à l'océan et nous étions, l'inconnue et moi, devant un bras de mer qui formait une lagune tandis que nous riions accoudés à la balustrade dans l'apesanteur d’un "balcon sur la mer" sans plancher lévitant sur l'eau. Elle me parlait et je savourais le sel de son esprit corrodant mon cœur. Plus loin le squelette d'un navire échoué qui ne prendrait plus jamais la mer reposait sur sa quille en forme de sablier. M'approchant je vis son nom dévoré de rouille: "Alex C." et en dessous, son port d'attache: "Bordeaux".
Ronronette se mit à miauler et je m’éveillai un instant.
Le paysage changea. J’étais à nouveau dans la chambre où je me vis endormi dans la pièce devenue une impasse. Sur le glacis d'un lac de signes dans la brume musicale de points d'interrogations et de contre points d'exclamations des couples formés par des questions et des réponses dansaient une valse de Vienne. D'eux viennent* les doutes certains des certitudes aléatoires en attente de mise à jour empilées au bas du mur.
D’un placard un cadavre est sorti. Je reconnus la statue de plâtre que nous avions sur le bureau. Elle s’est redressée et sa stature atteignait le plafond. Venue* de Milo, un cadeau de la tante à Sion, telle la Vénus d’Ille qui hanta Mérimée, elle était sans tête et avait de l’orgueil comme une victoire à Samothrace remportée dans une douce lumière.
« - les portes fermées sont des forteresses vides me dit-elle me renvoyant à ma vulnérabilité. Son haleine était comme un souffle chaud venu de "l'autre coté".
« On se réveille toujours en voulant continuer le rêve » ajouta-t-elle.
- Il est trop tard, la rouille a commencé son œuvre !
- Reprends la mer m'ordonna-t-elle.
- ce n’est pas l’homme qui prends la mer mais elle qui le prend, tac-au taquais-je.»
Tout l'or et le plomb de l'en-dessous formait le magma des sentiments. Je sentis la lave en fusion bruisser dans mes veines durcissant ma chair sur quelques centimètres.
Ronronette prés de moi s’étirait et réclamait ma caresse d’un impérieux coup de tête.
Je me suis exécuté.
Je me suis réveillé.
J’ai descendu l’escalier qui conduit vers la salle de bain. Épuisé, nu, arc bouté sur la rive du lavabo la vapeur envahissait le miroir tandis que l’eau coulait. Je pris dans mes deux mains en coquille de l’eau pour retirer la nuit de mon visage et désembuer la glace avec mes mains encore humides. Un traître me regardait fixement.
Pourquoi il y a-t-il toujours un miroir ?

Alex C. "Les passantes" Mimizan le 11/02/2011"